Accueil
du site picard
Ch'Lanchron


Lire, écouter
ou écrire...
...le picard !


Activités de
l'association
Ch'Lanchron


Les éditions
en picard
de Ch'Lanchron


Langue picarde
Littérature
Les liens


Abonnez-vous à

Ch'Lanchron
éch jornal picard


Le trimestriel tout en picard depuis 1980




  • La carte du domaine linguistique picard
  • Le picard et ses voisins
  • Le picard parmi les langues du monde

    La vitalité du picard

    Notre langue régionale est une langue transfrontalière. Sa zone de diffusion, communément appelée domaine linguistique picard par les universitaires, commence au nord de Paris pour s'étendre jusqu'au sud de Bruxelles. Le picard se pratique toujours dans deux états, la France et la Belgique. Il est aussi langage frontière entre les langues issues du latin (au sud), dont il fait partie, et les langues germaniques comme le flamand (au nord), comme l'est lui-même, un peu plus à l'est, le wallon.
    La carte du domaine linguistique picard est due aux travaux de l'atelier de cartographie de l'U.E.R. de sciences historiques et géographiques de l'Université de Picardie Jules Verne, et a été dressée par Mme Désiré d'après les travaux de Raymond Dubois et Maurice Lebesgue. Ces recherches linguistiques remontent aux années 50, et cherchaient à déterminer les limites dialectales dans le cadre de l'établissement de l'Atlas linguistique picard. Ces travaux sont toujours en cours au sein d'un groupe de linguistes du CNRS. Les limites tracées par Raymond Dubois s'appuient essentiellement sur la toponymie. Les études plus récentes de Maurice Lebesgue, tiennent compte de données orales recueillies auprès des locuteurs. Elles montrent une extension de la carte jusqu'aux abords de Laon (Aisne). Le domaine linguistique picard s'étend donc de la vallée de l'Yères (Criel) en Seine maritime (Normandie) jusqu'à Ath au nord de Tournai, et de la banlieue de Dunkerque jusqu'à celle de Compiègne.
    Actuellement, les voisins géographiques du picard sont donc : le flamand, le wallon, le champenois, le normand. Sa proximité avec les français se situe aussi sur les plans linguistique et historique, et n'est pas sans influence sur son évolution et sa production littéraire.

    Le picard à travers les siècles

    Depuis quand parle-t-on picard ? On ne le saura jamais précisément. Le picard est une des langues régionales qui constituent le domaine d'oïl au nord de la France, par contraste avec le domaine d'oc, au sud. Parmi les parlers d'oïl (normand, breton gallo, poitevin, champenois, francien, morvandiau, wallonŠ) notre picard tient une place de choix dans les langues qui se sont dessinées autour du latin importé par la culture romaine sur un substrat celtique (gaulois) au cours des premiers siècles de notre ère. Le latin a supplanté le parler initial pour n'en conserver chez nous que quelques traits présents encore dans la toponymie ou quelques mots du vocabulaire (éne fourdraine, un caouin,Š). De ce fait le picard a gardé du latin de profondes racines, en particulier dans son vocabulaire (capieu, glaine, canterŠ) pour devenir la langue vulgaire (commune) qui sera celle du nord de notre région à l'entour du VIIIème siècle. Il subira peu les influences des invasions ou d'apports extérieurs ultérieurement. Par contre il participera à la conquête de l'Angleterre, avec les Normands de Guillaume, en 1066.
    On distingue habituellement trois époques dans le picard, qui se basent sur les textes écrits qui nous sont transmis sans interruption depuis le XIème siècle.
    L'ancien picard remonte au Moyen-Âge jusqu'au XIVème s. Il est classiquement intégré dans l'histoire littéraire française. Le haut lieu culturel de cette époque est Arras.
    Le moyen picard court de la fin du XIVème s. jusqu'au XVIII ème s. inclus. D'un point de vue linguistique, cette seconde période est très peu distincte de la suivante. Seule une production littéraire moindre peu l'en différencier.
    Et enfin le picard moderne comprend les XIX et XX ème siècles. Il marque le renouveau de la littérature d'expression picarde. C'est aussi la phase des études linguistiques, et par suite de la prise de conscience généralisée des qualités du patrimoine littéraire.
    La période contemporaine se place à la fois dans le domaine de l'affectif (le parler se transmet à travers les générations qui échangent des souvenirs, des connaissances, des sentiments), et dans le domaine de la production littéraire. Les auteurs sont innombrables, leurs écrits bien plus encore. Le talent et la notoriété sont au rendez-vous de quelques plumes. Alexandre Desrousseaux (à Lille) ouvre le chemin avec son Tit Quinquin, citons Jules Mousseron (à Denain) créateur du personnage de Cafougnette, Jules Watteeuw dit ch'broutteu (à Tourcoing) ou plus près de nous le célèbre Lillois, Simons.
    À Tournai le renouveau passe par Géo Libbrecht, puis Paul Mahieu.
    Dans l'Oise l'expression picarde est magnifiée par Philéas Lebesgue (à La Neuville-Vault) ; dans le Vermandois c'est Hector Crinon (à Vraignes) ; dans le val de Noye c'est Louis Seurvat (à Ailly), ou Emmanuel Bourgeois (à Vers), à Démuin c'est Alcius Ledieu, à Doullens Charles Dessaint, à Abbeville c'est Clément Paillart et son héros Jacques Croédur, tandis qu'Amiens s'enorgueillit de compter Édouard David, enfant de Saint-Leu, comme chantre de ses plus belles heures picardes. Et combien d'autres ailleurs encore ?

    La vitalité du picard : l'école du Vimeu et du Ponthieu

    Le Tournaisis, le Hainaut, l'Artois, la Thiérache, le Boulonnais, connaissent une production picarde florissante. De nombreuses associations éditent des revues, créent des spectacles, et rassemblent d'innombrables auteurs. Des radios locales ont des émissions en picard, les concours littéraires sont suivis (parmi eux, le Prix de la Nouvelle en picard est remis tous les ans à Saint-Quentin), des sites internet sont nombreux et variés, le plus souvent reliés en réseau. Le picard ne néglige aucun moyen d'expression et il s'adapte aux technologie modernes sans difficultés majeures.
    Dans le département de la Somme, le phénomène est particulièrement représentatif. Amiens possède son théâtre de marionnettes picardes dont Lafleur est le héros truculent ; à l'université le Centre d'Études Picardes poursuit un travail de recherche et d'enseignement ; les associations Éklitra, Linguistique Picarde, Chés diseux d'achteure, sont actives dans tous les domaines d'expression. L'office culturel régional possède un département langue et culture picarde qui fédère des initiatives à travers toute la région.
    Cependant, l'ouest du département la Somme reste un ferment actif du picard. La quantité et la diversité des auteurs et de leur production sont y conjuguées avec la qualité et la longévité de ce mouvement littéraire actuel. Le lien entre les générations est sensible et profond. Il fonde une véritable école littéraire du Vimeu et du Ponthieu.

    Ici, c'est après la seconde guerre mondiale que l'écriture et l'expression picardes vont briller. Le chef de file de ce renouveau est Gaston Vasseur. À lui seul il poursuit la publication d'une chronique (les Lettes à min cousin Polyte) commencée en 1938 jusqu'à son décès en janvier 1971. À la même époque, la bande dessinée picarde est à l'honneur à Gamaches sous les croquis de Jack Lebeuf avec les textes de Gilbert Mercher (de Francières) puis d'Armel Depoilly (de Dargnies). En 1967, Gaston Vasseur fonde les Picardisants du Ponthieu et du Vimeu.
    Autour de lui, se rassemblent les "conteurs", qui passeront à la postérité comme véritables auteurs, poètes et surtout des animateurs de notre langue régionale. Citons Eugène Chivot, Armel Depoilly, Charles Lecat, Aimé Savary, Jules Dufrêne, Élisabeth Manier, Léopold Devismes, Jehan Vasseur, Jean Leclercq, Jean-Luc Vigneux, Jacques Dulphy, Marc SellierŠ L'anthologie "Vints d'amont" éditée en 1986 rassemble sans difficulté 70 auteurs contemporains ; depuis sa publication, on pourrait en ajouter une vingtaine encore.
    Une nouvelle génération d'auteurs arrive dans les années 1980, autour de Jacques Dulphy et Jean-Luc Vigneux. Ensemble ils créent le premier journal en picard ChLanchron (le pissenlit). Ils se situent dans la continuité du travail de leurs aînés dont les productions sont publiées dans le trimestriel. En 1996 un site internet est créé, il permet d'accéder librement à l'actualité picardisante, de lire et écouter des textes picards, et comporte de nombreuses pages de documentation et d'information (bande dessinée, anthologies, bibliographies, archives, etc.). L'accueil est traduit en de nombreuses langues. De plus, il possède des liens multiples avec d'autres sites en langue picarde ou en diverses langues régionales, preuve s'il en fallait, que cette expression régionale n'est pas frileusement refermée sur elle-même ou sur le passé, mais que, bien au contraire, elle est ouverte à la modernité, et prête à tenir sa place dans les décennies à venir.

    Pour tout renseignement : Envoyez un courriel à Ch'Lanchron !

    ©2002
    Retour à l'en-tête de cette page


    Mise à jour le 06-04-2005


    Rapasse à no moaison ! (retour au sommaire)